
Marie Barsacq, directrice de l'Institut de Formation de la Fédération Française de Football : "le sport n’est pas une entreprise comme une autre"
Rencontre avec Marie Barsacq, ancienne élue étudiante au Comité directeur de la FFSU. A 36 ans et après dix années passées au CNOSF comme directrice des ressources humaines, cette juriste de formation (DEA de droit social, DESS droit et économie du sport) dirige depuis 2008, le tout nouvel Institut de Formation de la Fédération Française de Football. Pour nous, elle revient sur son parcours.
Pendant vos études, vous avez été licenciée à la FFSU, comme volleyeuse. Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?
Les rendez-vous du jeudi après-midi sur les terrains universitaires, le plaisir de se retrouver entre copines, pour s’amuser, jouer sans pression (mais pour gagner !) et passer la soirée ensemble ensuite ! On retrouvait les rugbymen et personne n’était bien frais le lendemain matin en cours ! La rencontre avec Marion Drevet, notre entraineur, un tournoi à Venise, sur une place entre deux églises avec des gradins fournis, une finale du Championnat de France à Saint Nazaire où nous perdons après un tie- break haletant. Et de belles amitiés…
C’est à cette époque que vous commencez à vous investir dans la vie associative : membre de l’AS de votre université, élue au CRSU de Paris puis au sein du Comité directeur de la FFSU. Que vous ont apporté ces différentes fonctions ?
L’envie de travailler professionnellement dans le sport, évidemment ! Au début, aller au bureau des sports était ma motivation principale, du coup une fois sur place j’allais en cours ! J’y retrouvais les enseignants, les capitaines d’équipe, on préparait les matches du jeudi… Et de fil en aiguille, je me suis intéressée au fonctionnement du sport universitaire.
J’ai découvert en toute modestie le fonctionnement du mouvement sportif, les métiers possibles avec un bagage juridique. J’ai appris à participer à des réunions, prendre la parole en public, préparer des dossiers, monter des projets, regarder des budgets. Bref je me suis préparée à la vie professionnelle sans m’en rendre compte. A la fin de mon DEA, j’avais le choix entre un contrat dans une entreprise et un stage au CNOSF. Je n’ai pas hésité longtemps !
Vous avez intégré le CNOSF en 1998, et y êtes restée dix ans. Que retenez-vous de cette expérience ?
Le CNOSF est une institution formidable, d’une grande richesse humaine et professionnelle. J’y ai découvert l’organisation du mouvement sportif dans son ensemble, sport par sport, des questions sportives au juridique. J’ai eu la chance de toucher à plein de sujets passionnants. La vocation du CNOSF est de fédérer, de mutualiser, de dialoguer, de proposer, de défendre la cause commune… Je me suis complètement retrouvée dans ces missions. J’ai travaillé auprès de grands hommes du sport français. Ils m’ont beaucoup appris, sur le fond mais aussi sur la nécessaire cohérence des valeurs portées par l’institution avec les actions à mettre en oeuvre.
Parmi les moments marquants, je retiens la signature de la Convention Collective Nationale du Sport après huit ans de rédaction et de négociation, la bienveillance d’Henri Sérandour à l’égard de sa "famille " CNOSF comme il disait, les jeux de ballons dans les bureaux aux heures tardives, une audience au Tribunal Arbitral du Sport pour plaider la médaille d’or française au concours complet féminin aux JO d’Athènes et enfin le mois magique passé à Pékin, pendant les JO.
Si vous aviez un conseil à donner à un étudiant qui souhaite faire carrière au sein du mouvement sportif… ?
Ne pas se contenter de lire L’Equipe et de regarder le sport à la télé ! Le mouvement sportif est associatif alors vivre le sport, s’intéresser au fonctionnement de son club, de son comité ou de sa fédération sont des pré-requis que je conseille. Cela permet d’éviter les déconvenues et facilite le rapport aux élus, qui seront vos employeurs ! Dans le sport vous n’êtes pas dans une entreprise comme une autre, c’est ce qui en fait tout le charme.


















