
Devenir interprète... L'interprétariat, qu’est ce que c’est ? Et comment devenir interprète ? ESIT, ISIT, ISTI, ILMH, EII, ITI-RI, ETI...

Publié par Riddick le 22 juin 2010
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L'interprétariat, qu’est ce que c’est ?
A ne pas confondre avec la traduction qui est un procédé écrit, l’interprétation est un procédé oral. On peut la séparer en deux groupes, l’interprétation consécutive, et l’interprétation simultanée.
La première consiste à prendre des notes lorsqu’un orateur s’exprime (notamment pendant des réunions de négociations) puis à retranscrire le discours dans une autre langue. La seconde, plus connue du grand public, consiste également à retranscrire un discours dans une autre langue, mais cette fois-ci pendant que l’orateur s’exprime. L’interprète aura alors un léger décalage par rapport au discours de l’orateur. Cette pratique est courante lors de conférences (au sein des institutions internationales par exemple) ou de discours télévisés.
Comment devenir interprète ?
Pour devenir interprète, il faut bien sûr avoir une excellente connaissance de plusieurs langues étrangères, mais également une maitrise parfaite de sa langue maternelle. Il est souhaitable et fortement recommandé de passer une ou plusieurs années dans les pays des langues étudiées. En effet, le niveau requis ne peut être atteint par un simple apprentissage scolaire, il faut développer des connaissances et une aisance orale bien plus fluides que ce qui est enseigné à l’école, ou même à l’université.
Par exemple, un bon traducteur ne fera pas forcément un bon interprète puisqu’il aura l’habitude d’écrire et de prendre le temps de la réflexion pour trouver la meilleure formulation, alors qu’un interprète n’a pas droit à l’erreur et doit s’exprimer correctement du premier coup. La connaissance d’une langue dite "rare" telle que les langues de l’ouverture (bulgare, roumain, croate, hongrois etc…) est un très grand avantage par rapport à un interprète qui aurait une combinaison linguistique plus classique (anglais, espagnol, allemand par exemple). Toutefois, il ne faut pas oublier que l’anglais est une langue obligatoire dans la plupart des masters qui conduisent à la profession d’interprète.
En France, il existe trois masters reconnus. Deux se trouvent à Paris (ESIT et ISIT) et le dernier à Strasbourg (ITI-RI). Il existe également un master à Genève (ETI) et à Bruxelles (Institut Libre Marie Haps). Pour ces cinq masters, il faut se présenter à un concours d’entrée. Il existe deux autres masters en Belgique ( Mons et ISTI) où l’admission se fait sur dossier. Les formations se font toutes sur deux ans (master 2) et aboutissent toutes sur un diplôme d’interprète.
Les débouchés
L’Union européenne a lancé depuis quelques mois une campagne d’information sur le métier d’interprète. En effet, d’ici à cinq ans, de nombreux interprètes français, allemands et anglais vont partir en retraite et il n’y a pas assez de personnel pour les remplacer. On peut donc penser que de nombreuses sessions de recrutement seront organisées dans les prochaines années. Toutefois, il faut savoir que pour travailler au sein des institutions européennes, il faut d’abord avoir réussi un concours d’entrée...
Il est également possible et courant de se lancer en free-lance sur le marché privé, notamment auprès des entreprises qui ont recours aux vidéos conférences internationales.
Bon à savoir
On parle de langue A pour désigner sa langue maternelle, de langue B pour la langue que l’on comprend parfaitement et dans laquelle on est capable de s’exprimer avec un vocabulaire riche et sans commettre de fautes, de langue C pour une langue que l’on comprend parfaitement mais dans laquelle l’expression est moins jolie. Il est possible d’avoir plusieurs langues A, B ou C.
L’inscription aux masters se fait entre les mois de janvier et avril précédents l’année universitaire.
Le coût d’un master peut varier entre 500 et 6000 euros l’année.
La réussite aux concours à l’entrée en master est très basse, seuls 15% des étudiants qui se présentent à Genève réussissent toutes les épreuves (selon des étudiants ayant passé le concours).
Il est courant pour un interprète en début de carrière de réaliser des traductions pour avoir une source de revenu fixe. Les premières années dans la profession ne sont en effet pas toujours faciles. Toutefois, un bon interprète avec une combinaison linguistique intéressante peut toucher 3000 euros à la sortie de son master.


















Bonjour,
voici un autre article qui traite de la différence entre traduction et interprétariat : http://blog.atenao.com/traduction-professionnelle/traduction-et-interpretariat-la-confusion-des-genres-2-133
Seb
Bonjour.
Je souhaite devenir interprète, et pour cela je voudrais pouvoir discuter avec une personne exerçant ce métier.
Odile, si cela ne vous dérange pas, pourriez-vous me donner une adresse mail, pour que je vous pose certaines questions ? :S
Merci d'avance.
Bonsoir !
J'aimerais être interprète, mais dans mon cas, cet article est très inquiétant ! En effet, je compte me lancer dans la filière LEA (Langues Etrangères Appliquées), en faculté. Or, si on se fie à cet article, il n'y est fait mention nulle part, et les grandes écoles proposées semblent être les seules à fournir une formation adéquate au métier d'interprète. On m'a pourtant dit que le cursus LEA convenait également... Même si les grandes écoles apportent sans aucun doute une meilleure formation, nous n'avons pas tous les moyens financiers de les intégrer.
Sara
Bonjour, je suis interprète de conférence (ISIT 1992) et j'ai qqs commentaires sur cet article, plutôt bien documenté. J'ai toutefois relevé qqs imprécisions.
. Certains mois, on ne travaille que quelques jours, alors que d'autres mois sont très chargés. Et tout dépend des langues avec lesquelles on travaille, chaque situation est différente. On ne sait qu'au 31 décembre quel aura été son revenu de l'année! Il faut donc être d'un naturel serein, car il n'y a aucune sécurité de l'emploi en freelance (= la majorité des interprètes en France). Ce chiffre avancé de 3000 euros ne correspond donc à rien du tout.
1) L'auteur explique que l'interprétariat (nous n'utilisons PAS ce terme dans la prfession)/interprétation est une pratique _orale_, puis il explique ensuite que l'exercice consiste à _retranscrire_ le discours de l'orateur dans une autre langue (que ce soit en consécutive ou en simultanée).
Attention! Il faudrait plutôt parler de "REFORMULER", puisque tout est à l'oral.
Et je trouve très imprécis le dernier paragraphe: "Il est courant pour un interprète en début de carrière de réaliser des traductions pour avoir une source de _revenu fixe_. Les premières années dans la profession ne sont en effet pas toujours faciles. Toutefois, un bon interprète avec une combinaison linguistique intéressante peut toucher _3000 euros_ à la sortie de son master."
1) Je ne comprends pas bien comment faire des traductions (je suppose en freelance) permet de réaliser un revenu FIXE. Les contrats de traduction sont aussi aléatoires que les contrats d'interprétation lorsque l'on travaille en indépendant. Mais il est vrai que la trad peut apporter un complément de revenu.
2) 3000 euros à la sortie de son master: par mois? par an? par jour??? ATTENTION: l'interprétation est un métier assez saisonnier (baisse d'activité entre Noël et mars-avril, et les 2 mois de l'été
A bon entendeur, salut!
Odile M