
L'art de bien faire l'amour ne s'apprend pas à l'école... mais dans les livres, oui !
Comment bien faire l'amour ? Qu'est-ce qu'un bon coup ? Y'a-t-il des choses à éviter ou au contraire, des incontournables ? Comment ça se passe chez les autres ? Que de questions auxquelles personne ou presque ne répond et que nous nous posons tous...
Silence généralisé autour de l'érotisme
De sexe, on ne fait que parler en cours de SVT. Dès les premières années de collège, les professeurs n’hésitent pas à évoquer… la reproduction des fleurs, évidemment ! Puis vient le tour de celle du mammifère d’être décortiquée et entre deux bêtes à poils longs, celle de l’être humain. Et dès les cours théoriques finis, les intervenants de toute espèce (gynécologue, infirmière, assistante sociale...) se pressent devant les élèves afin de les avertir des dangers de l'activité...
Reproduction et protection sont donc des thèmes largement abordés en classe ainsi que par la plupart des parents. Mais ce que l’on explique moins, c’est tout ce qui touche à l’érotisme, c’est-à-dire au désir et au plaisir.
Pour le sexologue Gérard Leleu, auteur de L'Art de bien faire l'amour, c'est le "silence généralisé" qui non seulement prive un ado de réponses mais aussi avorte ses questions. Il s'en suit une "désorientation" des jeunes qui ne connaissent pas la hiérarchie des désirs (une jeune fille se voit proposer une éjaculation faciale au premier rendez-vous) et se méfient de leurs émotions. "Est-ce que le plaisir c'est mal ?" est une question auquel le sexologue est souvent confronté.
Car le plaisir en France est encore un sujet tabou. Des siècles de répression de la vie sexuelle par l’Eglise n’y sont pas étrangers. Ajoutés à une libération sexuelle explosive qui a pendant quelques années saturé nos pupilles d’images érotiques, la tendance aujourd’hui c'est de remplacer le discours sur l'érotisme par celui sur la prévention.
Saturation pornographique
Alors qu’en Orient le Kama-Sutra (manuel d’art érotique bien plus poétique que ce que nous en avons retenu) et les statues érotiques (rappelant à l’homme que le sexe est un acte d’essence divine qui produit un "éveil", une "illumination") font parties du quotidien d’un adolescent, en Occident un jeune doit choisir entre un discours orienté sur la procréation ou se tourner vers d’autres supports...
En fonction de son sexe et de son âge, il cherche donc des réponses auprès des médias tels que les magazines féminins, certains sites et forums, et auprès de l’industrie pornographique qui tous à leur façon tarissent sa soif de connaissances techniques.
Le problème de ces discours selon le sexologue Gérard Leleu, c’est que "l’activité sexuelle [y est] réduite à des gestes mécaniques". Ils appauvrissent la sexualité en la vidant de son sens (chosification des corps, des êtres, la performance l’emporte sur la perfection...) et en normalisant sa forme (stéréotypes, manque d’inventivité...). Dans son ouvrage L’Art de bien faire l’amour, il tire ce bilan : "la sexualité dans le monde occidental n’est pas aussi heureuse et épanouie qu’on le rêvait, et ce sont les adolescents qui sont les plus exposés à cette déception."
Parler de plaisir simplement et bellement
Le désir et le plaisir sont deux émotions historiquement rattachées à la honte. Qualifiées de péché par les religions occidentales, elles ont été réprimées pendant des millénaires.
Plusieurs initiatives se sont créées afin de rétablir une parole sur ces sujets, dont celle de l’Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) avec le site onsexprime.fr. Ce dernier est assez bien fait, parce qu’il aborde des questions que l’on est tous amenés un jour à se poser. Et qui n’ont rien à voir avec la reproduction des fleurs…
Vous avez dû voir passer ce spot :
Dans L’Art de bien faire l’amour, Gérard Leleu transmet son savoir érotique en choisissant d’en parler simplement et plus encore "bellement"- ce qu’il avait déjà entrepris de faire dans son livre sur le plaisir féminin, La caresse de Vénus. Et en effet, le lecteur étonné passe tour à tour de l’exposé scientifique à une prose délicate pour évoquer une caresse intime.
La douceur mais aussi la non-pudeur de ce livre et sa précision en font un ouvrage de référence en la matière que tout "jeune amoureux […] et [que tous] ceux qui veulent rester jeunes et amoureux" se doivent de connaître.


















