
Chaque jour 200 000 bouches à nourrir de plus, et l’Humanité va s’accroître de 30 à 40 % d’ici 2050. Sera-t-il possible de tous manger à notre faim ?
Il y a chaque jour 200 000 bouches à nourrir de plus sur la planète ! À ce rythme, selon l’ONU, l’Humanité va s’accroître de 30 à 40 % d’ici 2050. Sera-t-il alors possible de tous manger à notre faim ?
Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), la barre du milliard de personnes qui souffrent de malnutrition a été franchie en 2009. Et, toujours à en croire les Nations unies, il faudra nourrir plus de 9 milliards d’individus en 2050, contre 6,8 milliards aujourd’hui. À ce constat quantitatif s’ajoutent des considérations qualitatives : dans beaucoup de pays, des millions de gens ont vu leur pouvoir d’achat progresser et entendent désormais mangerÂ… comme nous en Occident ! C’est-à-dire en consommant davantage de viande. C’est particulièrement le cas en Chine.
Calories végétales vs calories animales
Or, produire de la viande demande de produire d’abord de quoi la nourrir quand elle est sur pattes : il faut ainsi 4 calories végétales pour produire une calorie animale de poulet ou de cochon, et plus de 10 pour produire une calorie animale de boeuf ou de mouton. Produire plus de viande signifie donc récolter davantage, et donc mobiliser de grandes surfaces supplémentaires de terre arables.
La FAO estime ainsi qu’il faudrait accroître la production agricole de 70 % pour répondre aux besoins alimentaires de 9 milliards d’habitants. Et encore cette projection ne tient-elle pas compte de l’essor des surfaces cultivées au profit des agro-carburants. Que penser, d’ailleurs, du fait de "nourrir" sa voiture avec un produit alimentaire alors que des millions de gens souffrent de la faim ?
La PAC coupable ?
« Les États industrialisés de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont payé à leurs agriculteurs et éleveurs, en 2006, plus de 350 milliards de dollars au titre de subventions à la production et à l’exportation. L’Union européenne, en particulier, pratique le dumping agricole avec un cynisme sans faille. Résultat : la destruction systématique des agricultures vivrières africaines. »
Le Monde diplomatique, 14 avril 2008
Les OGM ont un bel avenir…
Il va donc a priori falloir augmenter (encore) les rendements de l’agriculture intensive, mais à quel prix ? Les pesticides, les engrais et les OGM ont un bel avenir devant eux, et surtout les firmes qui les produisent — on pense naturellement au géant Monsanto. Avec le réchauffement climatique, l’accès à l’eau, indispensable pour assurer ces rendements, risque par ailleurs de poser problème.
Y a-t-il d’autres solutions ? Oui, comme de réduire, en Occident, les régimes alimentaires bien trop riches, et accroître la part des calories végétales dans notre consommation au détriment des calories animales. Qui c’est qui commence ?






















