Anvil : The Story of Anvil
Métal lourd, de Sacha Gervasi, avec Rob Reiner, Steve Kudlow, Slash…
En 1977, Steve Kudlow (alias Lips) et Robb Reiner forment le groupe Anvil (Enclume en français). Précurseur du heavy métal, le groupe tape dans l’œil des futurs Slayer ou Metallica grâce à des compos furieuses et sans compromis, au son novateur.
Parti de la promesse de deux amis d’enfance de devenir des rock stars, le groupe se voit pourtant vite englué dans les méandres du music business et se voit abandonné sur le bord de la route par une industrie ingrate. Aujourd’hui, Anvil vivote entre petits concerts et galères pour enregistrer un nouvel album (le 13e) et ses deux membres fondateurs, amis depuis l’âge de 13 ans, continuent de croire en leur rêve.
Parmi la foule, Lips et Robb Reiner travaillent chacun à l’usine et consacrent leur temps libre à faire avancer leur groupe, alors que les Motörhead, Slash et autres Scorpions, qui revendiquent tous une dette envers Anvil, vivent de leur art.
Born to lose, Live to win !
Comparé par certains à Anvil, le film, se démarque pourtant par sa nature de vrai documentaire. Ici, les protagonistes ne sont pas des acteurs et évoluent dans la « vraie vie ». Leur témoignage n’en est que plus émouvant et constitue au final un document impressionnant sur la vie d’un groupe pris dans la tourmente et qui, trois décennies après ses débuts, continue de poursuivre l’objectif qu’il s’était fixé avec une passion et une opiniâtreté admirables. Un vibrant hommage à un géant de l’ombre réalisé par un ancien roadie de la formation canadienne.
Annoncé par son affiche comme une comédie, Anvil est pourtant plus émouvant que drôle et c’est précisément cela qui lui donne toute sa valeur. Exploration fouillée et sans compromis du monde du hard rock, avec en prime quelques piques lancées à une industrie du disque sans pitié, le film est aussi une formidable leçon de vie et d’amitié garantie sans démagogie aucune.
Tout cela sans compter la musique du groupe, vraiment réjouissante, en forme de plongée jubilatoire dans la glorieuse époque d’un heavy métal insouciant, loin du côté intello de la majorité des groupes modernes. Et puis, mine de rien, on tient ici l’un des meilleurs documentaires rock and roll de l’histoire et ça, ça n’a pas de prix !
Hôtel Woodstock
Peace and love, de Ang Lee, avec Demetri Martin, Emile Hirsch, Liev Schreiber…
En 1969, Elliot, un jeune décorateur d’intérieur, doit faire face au désir de ses parents de laisser couler leur motel au bord de la faillite. Alors sur le point de se résigner, Elliot apprend que les promoteurs d’un festival de musique hippie cherchent un emplacement. Lancé à bras le corps dans l’aventure, le jeune homme décide de mobiliser ses parents et toute la ville pour accueillir ce qui sera le fameux festival de Woodstock. En peu de temps son petit coin de campagne reculé devient l’épicentre d’un monde en pleine mutation utopique.
Hippie Hippie Shake !
En adaptant le roman autobiographique d’Elliot Tiber, Ang Lee (Hulk…), a délibérément choisi de traiter Woodstock sans s’y intéresser particulièrement. En résulte un conte initiatique épuré de la moindre image de concert. Centré sur son personnage principal, autour duquel gravite une galerie de rôles impressionnants, le réalisateur raconte une histoire universelle en radiographiant du même coup la fin d’une époque en plein changement (le rêve hippie prendra effectivement fin quelques mois plus tard avec le festival d’Altamont, lorsqu’un homme s’est fait tuer au cours du concert des Rolling Stones). Son récit, plein de nostalgie et magnifiquement mis en images, ressemble à la fin d’une journée d’été, alors que les nuages s’amoncellent à l’horizon. Un récit innocent et conscient à la fois que rien ne sera plus jamais pareil.
Un très beau film complètement en phase avec son propos qui peut aussi se voir comme le parfait complètement au documentaire Woodstock de Michael Wadleigh (avec les concerts cette fois-ci).
This is Spinal Tap
Rockumentaire abrasif, de Rob Reiner, avec Christopher Guest, Harry Shearer…
À la base, simple faux documentaire sans prétention sur un groupe de rock à la dérive, This is Spinal Tap a pourtant, après avoir atteint le statut de film culte du rock, obligé ses acteurs-musiciens à former le groupe en dehors des plateaux de cinéma pour de vraies tournées et de vrais disques.
Un succès jamais démenti pour un film qui, un quart de siècle plus tard, n’a rien perdu de sa force évocatrice dévastatrice. La « faute » à une formule concentrée des plus grands clichés du heavy metal et du hard rock, personnifiés par des musiciens synthétisant eux-mêmes quelques-unes des grandes pointures du milieu. C’est ainsi qu’à travers les frasques du trio de tête de Spinal Tap, les amateurs pourront reconnaître Ozzy Osbourne, Led Zeppelin, Jeff Beck, Saxon ou ACDC et se régaler d’anecdotes fumantes (les artistes qui se perdent en coulisse…) rigoureusement véridiques.
En résulte une vraie référence qui a largement dépassé les limites du simple film pour sortir de l’écran et devenir un groupe de hard à part entière, miroir de ses congénères, comme un rappel à l’ordre pour ceux qui essayeraient de trop de se prendre au sérieux.
Par Gil'ozzy





















