
Ça va peut-être vous surprendre, mais savoir bien parler et bien écrire ouvre encore des portes, et même beaucoup...
Ça va peut-être vous surprendre, mais savoir bien parler et bien écrire ouvre encore des portes (et même beaucoup) : à court terme, pour poursuivre vos études, ou à long terme, pour trouver un bon boulot.
Profs, parents ou patrons le disent tous ou presque : ces jeunes, ils ne savent plus écrire, ils s'expriment n'importe comment ! Faut-il les croire ? Des études, tout ce qu'il y a de plus sérieuses, semblent, hélas, leur donner raison. 40 % des élèves entrant en sixième se débrouillent très mal en français, à l'écrit et à l'oral, voire ne maîtrisent rien de la langue. Et selon les experts, cela ne s'arrange pas au lycée : le problème s'amplifie tout au long de la scolarité et on retrouve 20 % d'une génération qui a des difficultés pour lire à 17 ans.
Partout, faire des phrases
Et ces lacunes font tâche d'huile parce que faire l'impasse sur le français c'est à coup sûr "être largué dans les autres matières", assure une prof de français membre du collectif d'enseignants Sauvez les lettres. Son constat est sans appel : "un tiers écrit en charabia, sans verbe, ni ponctuation, et un tiers fait régulièrement de grosses fautes", assure-t-elle.
« Au lycée, les élèves n'ont pas conscience que c'est grave car on ne les sanctionne pas ».
Une tolérance s'est instaurée... mais elle ne rend pas service
Vos défaillances de langage ne vous empêcheront peut-être pas de passer dans la classe supérieure, mais l'épreuve de vérité risque de se faire plus tard, de manière brutale, dans le monde du travail, au moment de chercher du boulot, de laisser une fiche à un client, d'envoyer un mail à votre chef, de remplir un dossier de demande d'aide au logement ou un bon de commande. Car l'écrit reste présent partout, et encore plus sur Internet.
Le clavier a sans doute bien remplacé le stylo, mais pas l'importance de bien orthographier les adresses ou les requêtes sur un moteur de recherche pour éviter les erreurs d'aiguillage.
La tchatche ne suffit pas
Et inutile de croire qu'avoir de la tchatche suffira à vous tirer d'affaire. C'est vrai qu'être à l'aise à l'oral est devenu important mais encore faut-il soigner son langage. Vous pouvez traiter un copain de bouffon, mais si plus tard vous cherchez à louer un appart, un conseil : surveillez votre langage avec le proprio.
Même chose au boulot.
« S'exprimer correctement est essentiel dans notre société de communication, parce qu'on travaille en équipe, parce qu'on doit convaincre les clients, les fournisseurs », explique un responsable du recrutement dans une grande entreprise.
Sa société a tenté cet été de séduire des jeunes diplômés sur Second life, en dialoguant par chat, mais elle avait pré-sélectionné les candidats sur dossier ! L'entreprise garde donc ses exigences, ses codes, son langage, même si elle flirte avec les vôtres.
La télé, mauvais exemple
Bref, autant penser à faire des efforts maintenant et éviter des cours de remise à niveau plus tard. Les texto entre potes, passons, mais le langage SMS dans une copie, quel intérêt ? D'accord, la télé ne vous donne pas franchement l'exemple d'un beau verbe policé, ni les adultes. La langue a tendance à se relâcher un peu à tous les niveaux.
Et les choix faits par les ministres de l'Éducation nationale ne montrent pas toujours que la question est prise au sérieux. Moins d'heures de français année après année (800 heures en moins depuis trente ans selon le collectif Sauvez les lettres) ; de plus en plus de choses qui se rajoutent au programme ; une dévalorisation des filières littéraires au lycée, forcément, ça n'aide pas.
Sans compter que, oui, notre langue est une des plus difficiles et que, oui, des tentatives récentes pour la simplifier n'ont pas vraiment abouti. Une orthographe plus simple, on y viendra certainement. Patience. En attendant, travailler son expression, orale ou écrite, reste un "plus" pour réussir. Et pas qu'au bahut.
Le retour de la dictée
Attention ! La dictée revient en force dans l'enseignement supérieur. Les recruteurs, et pas seulement dans les métiers de la communication, se sont trop plaints de CV bourrés de fautes. Alors, de grandes écoles réintroduisent cette épreuve dans leur examen d'entrée. Avec note éliminatoire en dessous de 6/20. C'est le cas notamment des écoles d'ingénieurs...
Quel que soit le cursus choisi, s'exprimer en bon français peut faire la différence. Dans les concours administratifs par exemple, où il y a tellement de candidats pour peu de places. Même le concours d'infirmières comprend des questions de grammaire, un résumé de texte…Non, décidément, vous n'y échapperez pas.



















