Breaking bad est surement l’une des meilleures séries de tous les temps. Elle a aussi permis de populariser la méthamphétamine et ses effets dramatiques. La tragédie d’hier à Miami, bien réelle cette fois, a au moins mis en lumière l’une des nouvelles drogues en vogue. Une drogue qui, selon tous les spécialistes, est l’une des plus dangereuses jamais créées. Le Bath Salts, en français, "sels de bain", est ce qu’avait pris Rudy Eugene, le désormais tristement célèbre "zombie de Miami", avant de se transformer en cannibale. L'homme nu et enragé a dévoré un autre sans domicile fixe, lui arrachant les trois quarts du visage dont un oeil et le nez.
Cela faisait pourtant plusieurs années – depuis 2010 au moins – que les médecins tentaient d’alerter l’opinion sur ces nouvelles drogues, appelées sel de bains par leur texture et dont les effets aussi inédits que violents étaient à l’origine d’autres faits divers glauques. D’autant plus que cette drogue, souvent déguisée sous la forme d’engrais pour plante, est peu chère et très facile à trouver aux Etats Unis. Les risques, eux, sont impossibles à prévoir et varient d’une personne à l’autre.
Dans les cas les plus graves, comme ce fut le cas pour Rudy Eugene, on observe une hausse dramatique de la température du corps, jusqu’à 41.5 degrés. Le corps et le cerveau, incapables de supporter une telle température, deviennent incontrôlables: agressivité extrême, force décuplée, incapacité à sentir la douleur, délire total… Bref, une violence sans limite. Il a fallu une demi-douzaine de balles pour que le cannibale lâche sa "proie".
Nouvelle coqueluche des chimistes amateurs
Sur le papier, une promesse de relaxation, de bien-être… Spécialement préconisé avant un rapport sexuel… En réalité, un des stimulants synthétiques les plus dangereux sur le marché : le MDPV, Methylenedioxypyrovalerone. S’il a été interdit dès 2010 au Royaume-Uni, il a fallu attendre octobre de l’année dernière et la mobilisation de nombreux médecins pour que le MDPV soit retiré du marché américain. Sans grand succès puisque les sels de bain sont vendus dans la rue par des chimistes en herbe façon " Heisenberg ".
Déguisés en engrais pour plantes, les "sels de bain" se sniffent, se fument ou s'injectent. Cette drogue coûte environ 30 dollars les 250-500 grammes et, pour tous, provoquent des effets nocifs : hallucinations, hausse de la température, envies de suicide, paranoïa, hystérie, crises d’angoisse, de panique, risques d’accidents vasculaires cérébraux… D’autant plus graves que les patients dans ces états ne répondent pas aux sédatifs.
Personne n’en sort indemne. Les gens qui ont tendance à prendre de la drogue sont souvent déjà fragilisés physiquement et psychologiquement. Les plus faibles ou les moins chanceux font des crises similaires à celle du cannibale. De plus, cette drogue était jusqu’à aujourd’hui peu connue, les consommateurs avaient donc peu d’informations. Les tests de détection ou les traitements adéquats n’ont pas encore été développés.