
Faire parler la foudre, premier album de Huck, est une révélation : un son rock original, des textes superbes, mûrs, sensibles et écorchés...
Faire parler la foudre, premier album de Huck, est une révélation : un son rock original, des textes en français superbes, mûrs, sensibles et écorchés, portés par la voix singulière de Greg, meneur au micro comme à la plume. Keek est allé à sa rencontre.
Le son Huck est vraiment original : d’où vient-il ? Quelles sont vos influences ?
On essaie de trouver un équilibre entre un son rock avec des guitares bien mises en avant et un chant en français complètement assumé. On est assez intransigeant sur ces deux points. Chanter en français impose de faire attention, il y a des choses qui ne fonctionnent pas. Parmi les influences, pour le son, on se reconnaît plutôt dans des groupes comme Kasabian ou les premiers albums des Kings of Leon. Et pour l’écriture en français, c’est plutôt Miossec ou Dominique A. On cherche continuellement le bon mélange entre ces influences anglo-saxonnes et les textes en français !
Les textes sont très soignés, sensibles, jamais gratuits. Tu parles des apparences, des illusions, du refus de l’hypocrisie – si j’ai bien compris. "Ne fais pas des promesses que tu pourrais bien tenir", dis-tu dans Impossible. Mauvaise came est une véritable ode à vivre. La mauvaise came, c’est la vie qu’on nous propose, et la bonne, celle qu’il faut inventer ? Est-ce que vivre, c’est se mettre en danger ?
Oui, Mauvaise Came c’est un texte qui encourage l’auditeur à ne pas faire les choses à moitié, à ne pas avoir peur de faire et de se tromper. On vit une époque où l’on essaye de tout sécuriser, de tout encadrer ! Les étudiants défilent dans les rues pour défendre leurs retraites… C’est triste ! Cette chanson est donc une invitation à jouir de l’instant présent.
Étincelles – sur la perte de l’innocence –, Fils de rien – notre destin nous appartient –, À jamais… Les paroles sont percutantes, s’élèvent contre la résignation, la fatalité, mais sans illusion. La Déglingue est aussi un énorme titre avec des riffs et un refrain qui te prennent aux tripes, bien que les paroles soient un peu plus hermétiques. On te sent écorché, rageur, et en même temps très mûr, très lucide…
C’est moi qui écris les textes à 100%. Je mets dans mes chansons une vision forcément subjective du monde qui m’entoure. C’est le cas de Fils de rien qui est une fresque de la middle-class actuelle. C’est un clin d’oeil en référence à la chanson Working class heroe de John Lennon. Mais il y aussi une partie autobiographique dans chaque chanson, comme Les Étincelles qui parle effectivement d’une première fois. Je pars du principe que c’est la sincérité des textes qui va toucher le public. Écrire une chanson, ça vient de l’envie de partager un sentiment, une émotion, un point de vue.
Huck, ça vient d’où ce nom ?
Ça vient de Huckleberry Finn, le héros du roman de Mark Twain. Huckleberry était le nom du groupe qui a précédé Huck. Quand une partie des membres du groupe a changé, on a tout simplement raccourci le nom. À l’époque, c’est le côté libre et sans attache du personnage qui nous plaisait bien. C’est un peu comme ça que l’on voyait la musique. Mais aujourd’hui, on espère s’être approprié le nom en se libérant un peu de cette référence.
Côté études, vous êtes passé par quoi ?
C’est vraiment très divers. Notre batteur, Arnaud, vient de terminer son cursus dans une école de batterie. Julien, le bassiste, n’a pas fait de cycle supérieur pour être intermittent du spectacle. Enfin, il y a Bess qui a fait l’IUFM, et moi qui ai un master en économie et commerce.
Ta dernière lecture marquante – ou celle d’un autre membre du groupe ? Le CD dans le lecteur qui vous a mis une grosse claque ?
J’ai beaucoup apprécié de lire Lunar Park de Brett Easton Ellis en écoutant en boucle le dernier album de Metronomy, The English Riviera. J’ai trouvé que les deux fonctionnaient très bien ensemble. Sinon, en ce moment, je lis une biographie de David Bowie.
Quels conseils donnerais-tu à un groupe qui tente de se lancer ?
La première chose, c’est la persévérance. Être un artiste et un musicien, ça demande beaucoup de travail et donc beaucoup de temps. C’est dur de garder sa motivation intacte pendant le parcours parfois long d’un groupe. La seconde, c’est de se concentrer en priorité sur l’écriture des chansons. Le reste, le matériel, les contacts professionnels, l’enregistrement se mettra en place quasiment naturellement à partir du moment où l’on a de bonnes chansons.
Propos recueillis par F.C.



















