
Emplois d’hier & jobs de demain : l’évolution des métiers en France depuis 25 ans selon la Dares
Les jobs d’aujourd’hui et de demain n’émergent pas de nulle part : avoir l’oeil sur les tendances peut donner des indications très utiles pour anticiper l’avenir et les métiers porteurs. Petite synthèse d’une évolution sur 25 ans passée au crible, secteur par secteur.
C’est une enquête précieuse que vient de publier la Dares : car quoi de mieux qu’observer un quart de siècle d’évolution des métiers pour distinguer les grandes tendances des professions et des secteurs porteurs ou, au contraire, sinistrés par les délocalisations et les mutations technologiques ?
Ces données permettent aussi de prendre la mesure de la tertiarisation massive de l’économie, et de la spécificité des services qui se sont développés ces dernières décennies.
Les tendances lourdes
En vingt-cinq ans, le nombre de personnes en emploi en France métropolitaine a augmenté de 3,1 millions, pour atteindre 25,7 millions en moyenne sur la période 2007-2009. Les métiers du tertiaire sont ceux qui ont le plus contribué à la croissance de l’emploi sur cette période.
Dans les métiers industriels, la hausse des emplois les plus qualifiés n’a pas compensé la forte baisse des emplois non qualifiés. Les métiers de l’agriculture sont ceux qui ont perdu le plus d’emplois, tandis que ceux du bâtiment et des travaux publics se sont maintenus avec une augmentation du niveau de qualification.
On sait l’attirance des lycéens pour les métiers de la santé et de l’action sociale, culturelle et sportive : vous avez raison, car ces métiers, qui représentent 9% de la population active, emploient 2,4 millions de personnes, soit un million de plus qu’au début des années 80.
Dans une société hyper-consumériste, les fonctions commerciales ne sont évidemment pas en reste : 2 781 000 personnes (11% de l’emploi, +613 000 emplois en 25 ans).
Les effectifs des métiers de l’informatique et des télécommunications ont eux aussi fortement progressé depuis le début des années 1980 (+ 295 000), pour représenter désormais 516 000 emplois (seulement 2% de l’emploi). Mais attention, observe la Dares : compte tenu des changements organisationnels et technologiques durant les 25 dernières années, le contenu de ces métiers a beaucoup évolué, nécessitant l’intégration de nouvelles compétences. En clair, le niveau de qualification des informaticiens est monté de plusieurs crans.
Cela n’est pas une surprise, le nombre de personnes occupant un métier de type industriel (en rapport avec la conception, la réalisation d’un produit industriel ou la maintenance de machines) a de son côté diminué de 15% en vingt-cinq ans (de 4 008 000 à 3 394 000 postes).
Et la diminution globale de l’emploi industriel s’est accompagnée d’une profonde modification de la structure des qualifications. Conséquence, et c’est là une bonne nouvelle, les effectifs d’ingénieurs et cadres techniques de l’industrie ont plus que doublé sur la période (de 105 000 à 227 000).
Sur-diplômés ou sous-diplômés ?
Un décalage entre le niveau de diplôme et l’emploi occupé est apparu au fil des années, conduisant à observer de plus en plus souvent des situations où un salarié semble sur-diplômé ou sous-diplômé par rapport à son poste.
Prenons l’exemple d’un emploi de cadre : la Dares montre qu’un salarié de moins de 30 ans diplômé d’un bac+2 est considéré comme sous-diplômé, tandis qu’un salarié de plus de 50 ans diplômé du bac est considéré, sur le même poste, comme étant dans une situation normale. Au début des années 1980, occuper un emploi de cadre sans le bac n’apparaissait pas atypique, quel que soit l’âge. Depuis, être diplômé du supérieur est devenu la norme pour les moins de 30 ans. Or, beaucoup de salariés ont atteint le statut cadre grâce à la promotion interne. En banque-assurance, par exemple, seule la moitié des cadres est diplômée du supérieur.
L’administration progresse, l’électronique recule
Les métiers de la gestion et de l’administration de l’entreprise représentent 2 534 000 emplois, soit 10% de l’emploi. Présents dans tous les secteurs d’activité, leur développement (+703 000) date essentiellement de la fin des années 1980 et du début des années 2000.
Enfin, malgré la diffusion des technologies de l’information et de la communication, les effectifs du domaine de l’électricité et de l’électronique ont diminué (-68 000). Là encore, la concurrence des pays à bas salaires, l’automatisation des procédés et la réduction du nombre de composants à assembler ont conduit à une forte baisse de l’emploi des ouvriers non qualifiés. Ce qui, en principe, ne vous concernera pas !
F.C.



















