
Giovanni Mirabassi, la révolution au bout du piano
Toujours aussi engagé, Giovanni Mirabassi continue à porter la flamme revolutionnaire avec son jeu de piano inoui et sans guimauve. Son nouvel album "Adelante" contient des relectures de grands titres qui ont porté les combattants de la Résistance, de la Guerre d'Espagne ou des conflits sud-américains, dont en particulier les titres splendides de Léo Ferré et Aragon.
Giovani Mirabassi est fier de débattre, de combattre pour des idées :
« L’artiste doit retrouver sa place, un rôle dialectique de contre-pouvoir qui permet d’élever les consciences. »
Fidèle à ces principes fondateurs, il est donc parti enregistré chez Fidel, dans les studios Abdala de Cuba. Le Premier mai à Cuba, le symbole fait sens.
« Cet album est dédié à la révolution. Parce qu’on nous fait croire que cette idée est enterrée, alors qu’elle n’a jamais été autant d’actualité. »
Plutôt à gauche toute pour ce pianiste pas franchement maladroit, pas non plus dupe sur Castro, mais encore moins sur les conséquences liées à l’embargo qui "plombe toute possibilité d’ouverture démocratique depuis des lustres."
"En avant", donc, pour paraphraser le titre de ce nouvel album essentiellement en solo, un format où excelle cet esthète du canto piano. Il convie juste un trio formé dans les rangs d’Irakere sur "Yo Me Quedo" de l’icône Pablo Milanès, et la chanteuse Angela Elvira Perez, mère de son actuel batteur Lukmil, pour une version plus éclatée de "Hasta Siempre", l’hymne de tout un peuple qui était déjà présent en 2000.
« J’ai fait ce disque dans un esprit sans doute moins pacifiste, plus militant, qu'Avanti. L’approche reste la même, mais la nécessité se fait plus urgente. Il faut prendre parti. »
Giovani Mirabassi s’engage corps et âme sur les 88 touches en ivoire !



















