
J'ai (enfin) 18 ans... Mais (finalement) qu'est-ce que ça change ?
Vous avez quinze, seize ou dix-sept ans. Vous piaffez peut-être d'impatience dans l'attente de votre majorité, ce jour béni où vous pourrez enfin envoyer bouler tous ceux que vous avez sur le dos. Vous savez, ces parents, profs, etc, qui ne font rien que vous embêter… Certes. Mais la chose mérite quand même qu'on s'y attarde deux ou trois minutes : finalement, être majeur, ça change quoi, en vrai ?
À 18 ans, on devient adulte !
En tout cas, légalement, c'est incontestable. La preuve : un jeune majeur n'est plus soumis à l'autorité parentale. Il devient libre de ses choix et civilement responsable de ses actes. Il peut passer son permis de conduire, gérer tout seul son compte en banque et aller fièrement mettre son bulletin de vote dans l'urne. Se marier, même, si ça lui chante, et aller au casino (pour ces deux dernières activités, un minimum de réflexion préalable est encore plus crucial).
Tout ceci est donc bel et bon, mais un chouya théorique. Car le jeune majeur est-il, en une seule nuit, devenu une "grande personne" ? L'adulte vraiment adulte est vraiment indépendant :
- Il ne vit plus chez Papa-Maman.
- Il s'occupe tout seul de son linge.
- Il gagne sa croûte.
Or aujourd'hui, il est quand même assez rare qu'à dix-huit ans on dispose d'un travail stable et rémunérateur, d'un logement indépendant et qu'on soit gaillardement en train de fonder une famille. La durée de la scolarité s'étant globalement rallongée, l'indépendance, la vraie, n'arrive assez souvent que vers vingt ans, voire bien au-delà pour qui veut faire des études un peu poussées.
Pourquoi s'en plaindre ? Après tout, mieux vaut rester un peu plus longtemps dans le nid familial pour bien se préparer : voler de ses propres ailes, ce n'est pas une mince affaire. La chose, d'ailleurs, en panique plus d'un.
Majeur avant sa majorité ?!?
C'est possible, ça s'appelle être "émancipé". Le droit considère qu'un individu est incapable de prendre des engagements avant 18 ans, sa majorité. Sauf si un juge décide, à la demande de vos parents ou du conseil de famille (si vos parents sont décédés) de vous émanciper, dès 16 ans révolus. C'est-à-dire de mettre fin à cette incapacité, dans votre intérêt. Avant 1974, on était mineur, en France, jusqu'à 21 ans.
Il y a ceux qui, à 18 ans, ne veulent pas grandir…
Terrifiés à l'idée de se prendre un tant soit peu en main, ils jouent quelquefois les bébés attardés. De toute façon, ils ne savent pas ce dont ils ont envie. Assistés permanents, ils appellent leur mère quinze fois par jour depuis leur portable et seraient incapables de dire où sont rangées leurs chaussettes (les propres, parce que les sales, elles traînent sous leur lit).
Le risque ? Rester pendant des années un" adulescent" immature, qui claquera tous ses sous en bonbons colorés et gadgets régressifs sans jamais réussir à s'engager dans quoi que ce soit de constructif dans sa vie privée ou professionnelle…
… parce que grandir peut faire peur !
On entend parfois des grognons scander que devenir adulte, c'est dire adieu à l'insouciance, avaler une bonne dose de lucidité, pointer au chômage et renoncer à ses rêves. Ces tenants de la sinistrose auraient-ils juré de casser complètement le moral des troupes ? Quelle horreur ! Heureusement, dans la vraie vie, le tableau n'est pas aussi noir que ces gens (rien que des vieux jaloux, le plus souvent) veulent bien le dire.
On a sondé 25 jeunes
Résultat ? Pour ces 15-17 ans, la majorité, c'est "la liberté" (10), le permis de conduire (6), la considération des adultes (5), le droit de vote (3), un appart' à soi (2), davantage de sous (1), moins de sous (1), passer son bac (1), les impôts et les factures (1) voire… rester exactement le même, en plus vieux (1).
Si l'insouciance écervelée n'est certes plus de mise, l'âge adulte ne vous plombera que si vous vous laissez plomber. On n'est pas obligé de prêter l'oreille aux oiseaux de mauvais augure, et il vaut sans doute mieux découvrir le champ des possibles qui s'ouvre devant vous. De quoi se préparer à…
Construire sa "vraie vie" !
À dix-huit ans, il n'est pas trop tôt pour faire un vrai point avec soi-même. En tant qu'adulte responsable de ses actes, il est même carrément judicieux de se convoquer en assemblée plénière pour un petit topo organisationnel.
Même si vos ambitions sont grandes, une fois qu'elles sont identifiées, il s'agit de chercher honnêtement les moyens les plus adaptés pour les atteindre. Ensuite ? Y'a plus qu'à foncer.
Parce que c'est peut-être ça, devenir adulte : ne plus s'imaginer qu'on est le roi du monde et que tout va nous tomber dans la bouche tout rôti. Conclusion ? On retrousse ses manches, et avec le sourire !




















