La pin-up et le bad boy

La pin-up et le bad boy

Source : Editions EPICURE
Par Keek le 10 octobre 2010
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Côté charme, Katy Perry réédite le coup des tubes en forme de bombe atomique, alors que la pétillante Eliza Doolittle débarque en France avec un superbe premier album. En face, le bad boy s’appelle Professor Green : il se la joue un peu, mais il a les moyens.

Katy Perry, Teenage Dream

[pop]

On ne présente plus la pin-up préférée des ados et des moins jeunes. Son premier album a démontré possible sa capacité à enchaîner les tubes. Hé bien elle remet ça. Rien que les trois des quatre premiers titres de ce second opus sont des monstres à écouter en boucle (Teenage Dream, Last Friday Night, et surtout, surtout, l’énorme Firework, promis à squatter vos lecteurs pendant un moment).

Sans parler de The One That Got Away, dont les paroles sont à déguster par toutes les fi lles qui ont un garçon perdu quelque part dans le coeur. Pearl aussi s’écoute avec les yeux humides. Une réussite à la hauteur des attentes suscitées par le premier album. Katy, t’es trop forte !

 

Eliza Doolittle

[pop-jazzy]

Ce n’est pas prendre un grand risque que de prédire carton que va faire cette jeune londonienne de 21 ans avec ce premier album. Propulsée en haut des classements britanniques à la seule force ses cordes vocales, de sa musique pop-jazzy et peut-être un peu de son sourire mutin, Eliza Doolittle (de son vrai nom Eliza Caird) surfe sur des refrains entraînants, simples sans être simplistes, portés par une orchestration sucrée, joyeuse, colorée, bref, en un mot, fraîche comme elle. Côté chant, comment peut-on avoir une voix à la fois soyeuse, chaude et éraillée ? En s’appelant Eliza Doolittle, tout simplement.

 

 

 

Professor Green, Alive till I’m Dead

[rap/hip-hop anglais]

Présenté par certains, à tort ou à raison, comme la relève d’Eminen (oui, c’est un rappeur blanc, OK, mais côté son, c’est pas tout à fait la même chose), Professor Green, de son vrai nom Stephen Paul Manderson, impose sa patte : son beat est nerveux, groovy, le flow passe tout seul, il emprunte des sons de tous les côtés (pop, rock, électro, funk, violons…) et sample en passant, avec talent, des tubes des années 80 (INXS, I Need you Tonight).

Son premier single, Just be Good to Green, également fruit d’un mix d’un tube des années 80, accueille une marraine de haute volée en la personne de Lily Allen. Et si je vous dis que son autre parrain dans le métier s’appelle Mike Skinner (leader de The Streets, pour ceux à qui ça parle), on se dit qu’avec ce genre de fées bienveillantes, en plus de son talent, le succès est programmé.

 

 

TeenagersinTokyo, Sacrifice

[électro-rock]

Installé sur des beats simples et efficaces, Teenagersintokyo s’est bien imbibé du cold rock du début des 80’s. Trois titres en forme de tuerie (New Day, End It Tonight, Robocat) installent d’emblée ce premier album froid et épisodiquement toxique dans la catégorie des bonnes surprises de la rentrée.

Broken Social Scene, Forgivness Rock Record ( T/A Cooperative)

[pop-rock indé]

Après les side-projects solo des deux leaders Kevin Drew et Brendan Canning, BSS a retrouvé le chemin des studios pour un e album. Sans oublier de convoquer une ribambelle d’invités. Le résultat est d’autant plus probant que la production me semble plus soignée que celle du précédent:  titres mélodiques servis par les voix des un(e)s ou des z-autres, des guitares parfumées, sucrées, acidulées, salées, une basse joueuse, quelques titres low-tempo joliment arrangés. Les fans ne seront pas déçus. Pour les autres, c’est à découvrir.

 

 

 

Ortie, Un (Irfan)

[rock indé]

En marge de la soupe consensuelle et adaptée aux tuyaux médiaticonumériques en tout genre, des groupes tentent de faire vivre un vrai rock français alternatif, torturé et burné. Du qui fait autre chose et qui pique en même temps, avec du texte si possible. Hé bien voilà Ortie. Certes, on ne rentre pas dans cet album, souvent lent, toujours sombre et abrasif, comme chez Robbie Williams ou Jordana. Mais on n’est pas chez les Barbapapas et il faut parfois donner du temps à un son, à un texte, et les laisser s’installer entre les tympans. Bref: il fut un temps où on aurait appelé ça du rock progressif. Les tiroirs d’aujourd’hui seraient plutôt marqués post-rock et noisy. C’est un peu tout ça à la fois: c’est aussi ça la culture.

 

Kula Shaker, Pilgrim Progress (Strange Folk Rec/ Naïve)

[pop-rock]

Je m’attendais à mieux. Mais bon, le groupe, qui va sur ses 15 ans, a traversé pas mal d’épreuves depuis ses débuts. La guitare déchirante a hélas été remisée, les influences mystiques des origines se sont abîmées à l’épreuve des années, mais on retrouve avec plaisir le sens des refrains et les inspirations de l’orient indien qui avaient, entre autres, fait le succès du mythique premier album du groupe. D’ailleurs, je ne saurais trop vous recommander de lui faire une place dans votre lecteur: sorti en 1996, l’album K reste définitivement une merveille de rock anglais psyché-mélodique trempé dans un ashram indien.

 

Pepper Island, Popular (Atmosphériques)

[doo-wap/ world music]

Frais, léger, sympa, mais moins épicé que son titre peut le laisser supposer, le premier album de ce duo souriant distille une musique colorée par tous les coins du monde où le soleil cogne. On aime : de délicieuses sonorités sixties, et une voix jazzy-soyeuse escortée par une facétieuse guitare vénézuélienne.

 

Soso, Tinfoil on the Windows (Kütu Folk Records)

[genre de trip-hop]

Soso n’est pas le premier hip-hopeur blanc à épouser un nouveau style en lui appliquant le phrasé de ses origines. Cette réédition de son 7e album, déjà sorti il y a 3 ans en diffusion quasi confidentielle, mérite qu’on s’y attarde à nouveau dans de meilleures conditions. Les atmosphères y sont intimes, sombres, et les histoires pas très gaies mises en mots plus parlés que chantés. Côté son, les guitares alternent entre les arpèges émotifs et les riffs noisy, tandis que le piano libère des notes mélancoliques.
Un album lent qui conjugue tristesse, contemplation et torpeur narcoleptique. Les amateurs vont adorer.

 

Peau, Première mue (Iris Music/Harmunia Mundi)

[sensitive pop-folk]

Original, sensuel, intimiste au possible, le premier album de cette chanteuse française (qui susurre aussi en anglais) est assurément inadapté à une écoute avant de sortir faire l’apéro. Il n’en est pas moins précieux et fragile.
Les textes léchés sont portés par une musique faite d’ombres et de lumières, souvent froide mais toujours organique: la faute aux beats lancinants, aux délicates touches électro et à l’émotion subtile que Peau communique à l’auditeur. Un ovni.

 

Mouss & Hakim, Vingt d’honneur – Live (Taktikollectif/Blue Line)

[oh putain con]

20 ans que les deux frangins toulousains, passés par Zebda, 100% Collègues et Motivés, arpentent les scènes et mettent des mots sur leurs multiples racines et leur militantisme. Ça valait bien un double live. Ben le voilà.

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